Voltage is the new black

Dc décide de rattraper son retard sur Marvel en offrant à un superhéros black son propre feuilleton. La honte, direz-vous, le retard pour la maison qui a inventé Superman & la Justice League. Les West n’y font rien. L’univers DC est principalement blanc, les Afro-Américains n’ont droit qu’aux seconds rôles. Il manque encore cruellement de couleur.

Le superhéros, divorcé d’une épouse pas très fan de son alter ego, est diablement attachant, et il doit son équilibre à ses deux gamines, ainsi qu’à sa place dans la communauté noire. Il est proviseur – bo-ring ! – et il produit de la décharge électrique par mega-watts. Joli mélange, joli programme.

Black Lightning
« Pilot »
Pictured: Cress Williams as Jefferson Pierce

Late lighting show.

Est-ce nécessaire de rappeler que Marvel a coiffé au poteau la Concurrence Distinguée avec Luke Cage, sorti en 2016 ? Le projet ethnique n’est pas une excuse pour copier honteusement la démarche de la série Netflix. Car c’est très simple : Black Lightning coche toutes les cases de l’opus streamé l’an passé. Avec en prime un costume – pour le coup – pas vraiment pensé pour la saison printemps/été 2018. Not cool !

La musique, check. La colorimétrie à la fois chaleureuse et sombre, check. Le héros ‘role-model’ analogique dans un monde numérique, check. Le protagoniste qui refuse de s’impliquer, check. La sensualité à outrance, check. La question des brutalités policières, check. La mafia structurelle inspirée par les affaires de gangs, check.

 

Touchant et bien fichu.

Ce qui fait que, bien que cette soit pétrie de bonnes intentions, cette nouvelle entrée dans l’Arrowverse – on nous dit que non, mais nous on vous dit qu’elle y est plutôt deux fois qu’une – est en retard pour la fête. Et son retard n’est pas une fatalité. Le show-runner réussit à marier le fun, la tension, et le spectacle visuel. C’est une mayonnaise difficile à faire monter tant au niveau technique qu’artistique, à plus forte raison quand on est censé innover.

On peut être surpris par certains choix éditoriaux pour ce show et suspecter l’opportunisme à moins d’un mois de Black Panther. Mais la facilité avec laquelle le propos peut convaincre va certainement vous surprendre. Jefferson est un protagoniste, inhabituel. Certains des aspects du justicier masqué accompagné de sa fidèle vigie ingénieuse sont également légèrement altérés pour mieux proposer de la fraîcheur.

Daddy, daddy cool.

On peut choisir d’ignorer les petits défauts du programme, il s’agit bien de télé et non pas de ciné, après tout. Mais ce serait négliger le fait qu’il s’agit du premier show DC/CW qui ne nous cache pas les impacts de balles. Les coups de feu sont littéralement terrifiants. Les conséquences de l’usage des armes sont irrémédiables. Et c’est fascinant de puissance, de justesse et de réalisme.

Il faudra donner à cette série le temps de s’installer pour voir ce que le Berlanti-verse a derrière les idées. La priorité ne sera peut-être plus aux héros à l’ancienne, désormais, on veut du père de famille, on veut des adulescentes pétillantes et destructrices.

Et pour finir, ‘LA’ grande question, mais qui est le plus black des deux ?

Pour être honnête : je n’en ai pas la moindre idée, et comme je suis mal placé pour y répondre ; je n’ai grandi ni à Harlem, ni à Freeland ; je me dis qu’il vaut mieux vous faire une idée par vous même.

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