Aujourd’hui, on va se plaindre, pour changer. Un nouveau film DC est de sortie ? Chic ! (Usuellement, c’est une bonne nouvelle) Ah bon ? Il est mauvais ? Voire très mauvais ? Dans ce cas, on va effectivement s’offusquer, se fâcher, et au final : oublier ce film très moyen. Démonstration :

C’est dans les vieux templates qu’on fait les moins bons scripts

Non content de nous servir une Flash Story sans réel bénéfice, la Warner signe un Lego Movie non seulement sur une mauvaise idée (un focus sur le jouet comme personnage en plus de ses limitations usuelles), mais avec la volonté de faire d’une initiative originale « Un film LEGO avec les personnages DC Comics » ; une franchise à part entière. Mais quelle mauvaise idée. Oh plutôt : Quelle mauvaise exécution d’une idée pourtant simple qui aurait très bien pu fonctionner sans non plus casser la baraque.

La sortie de ce film en Direct-to-Video est donc un indice révélateur d’une approche plutôt honnête ; le film est niais et sans intérêt, il n’a aucune chance ni avec la critique encore moins en salles. Donc : autant le bazarder en Dvd et en streaming pour mieux ajouter une itération sur la tableau de chasse prestigieux auquel les initiatives de long-métrage d’animation nous ont habitué. Il a l’air loin le temps du film Justice League complet, avec des gros morceaux de New Gods dedans.

Beaucoup (trop) de couleurs ?

L’emballage est soigné, l’image claque et explose en couleurs riches et saturées à outrance. Si vous voulez régler votre téléviseur et le calibrer, now is the time ! Pour le reste, on passe son chemin. Et pour cause ! Le film est lent, très lent, un comble pour une histoire qui tourne autour du speedster écarlate. La narration se perd dans des gags – pensés pour les moins de 10 ans, et encore – la réalisation est moins soignée qu’un Lego Batman, et le jeu d’acteur perd un peu de son triple A, quand bien même les célébrités se sont dépêchées de venir y figurer. Troy Baker, Kate Micucci, Khary Payton, Nolan North.

Le quotidien du Flash est donc exploré, à grands coups de fails et de situation nulles et non avenues. L’impact d’une Justice League amoindrie, ou du traitement « oh so cartoon » de la relation de Barry Allen vis à a vis de la justice céleste causent du tort au personnage ainsi qu’à l’atmosphère très bon enfant. Pareil pour les scénettes relatives au pouvoir du speedster, il y avait un potentiel monstre de ringardiser la visualisation de la SpeedForce de la série télé, voire même de cellle du film, mais non. Tant pis, dommage, next.

Une parodie d’Injustice, voilà une idée brillante

Que le film ne survolera même pas. Et sans vouloir nécessairement tirer sur l’ambulance, disons que le film – en dépit d’être une daube particulièrement décevante – réussit une prouesse, celle d’exister, car oui un film d’animation reste une gageure. Mais compte tenu des synergies et des économies rendues possibles grâce aux nouvelles technologies, le long métrage aurait mérité un scénario plus musclé. Pourtant. Pourtant. On peut difficilement avaler l’esbroufe après un Justice League – live action – qui décevait tout autant en adoptant cette approche « middle of the road ». Le Flash 2018 paie pour les péchés de ses aînés, c’est injuste. Mais c’est comme ça.

Le procédural c’est pas toujours fatal

Pourtant on aurait très bien pu vivre avec une version 27 minutes d’un épisode spécial de Robot Chicken, mais rien n’y fait, le film gâche un temps fou à nous expliquer le concept du Jour de la marmotte, où le protagoniste revit la même journée encore et encore, jusqu’à ce qu’il finit par découvrir et comprendre la véritable source de ses ennuis. Fait surprenant, Legends of Tomorrow décide de traiter ce sujet, de la boucle temporelle, à moins d’un mois de la sortie du film. Coïncidence ?

Rassembler la Justice League autour d’une histoire Flash plutôt banale, somme toute, c’est précisément ce que DC va tenter de nous offrir avec le Flashpoint Paradox live, dont la sortie, production, pré-production sont toutes repoussées depuis des années. Les Lego series ont bien performé jusqu’ici, considérons donc qu’il s’agit un épisode pour les plus jeunes d’entre nous. Décidément, DC Comics passe un sale quart d’heure, et avec nous, c’est plus de 80 minutes qu’il vaut mieux tout simplement économiser : votre temps, votre énergie et aussi votre argent.

Un très mauvais 3/10, amplement mérité.

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