Pour commencer, on va pas y aller par Quatre Chemins, il est impératif pour tout geek qui se respecte de vivre cette expérience revigorante qu’est T6. Quel beau film !

Et pour cette énième étape dans le narratif torturé et complètement claqué – conçu à l’origine par un James Cameron super pas inspiré, c’est David Goyer qui nous emmène en ballade.

Pas de concessions néanmoins sur le cahier des charges, c’est un film Terminator, c’est donc violent, brutal, et très bas du front. Mais l’histoire est loin d’être aussi simple. Plus de Kyle Resse, oublié les Dyson, on fait avec un peu les mêmes, et on recommence différemment. Explications.

D’abord, il y a cette volonté de revisiter le canon à testostérone qu’était T1, donc T2 proposait de porter le personnage de Maman Connor, et là ou la série Tv a échoué, ce nouveau chapitre établit un véritable benchmark de “tout ce qu’il faut faire”, et dans l’ordre en plus.

Célébrons donc L. Hamilton pour cette prouesse (qui n’est pas du tout surprenante, vu le calibre de l’actrice), elle nous offre à son tour une vision de Terminator, en ce sens qu’elle est devenue une Terminatrice, sans un gramme de robotique inside. Elle est froide, méthodique, sans pour autant son humanité. C’est d’autant plus brillant que l’actrice crève l’écran peu importe le registre que le narratif lui jette à la figure.

Ensuite, il faut parler de son héritage. A savoir, la cible des machines, qui souhaitent une fois de plus, remonter le temps pour annihiler la source de leurs soucis : la résistance. La question est donc, si S. Connor sort de son rôle de demoiselle en détresse, qui pour incarner ce rôle ? Ou plutôt comment ? Et la solution, Tim Miller le réalisateur, l’a voulue en la personne de Natalia Reyes, qui vivait une vie simple au Mexique, sans soupçonner une seule seconde la cavalcade monstrueuse qui l’attendait au croisement du Terminator le plus proche. L’astuce, c’est que son destin, à Daniella, ne ressemble ni à celui de Sarah, ni à celui de John, mais un mix des deux. En effet, l’allié des humains qui voyage dans le temps n’est pas cette fois ci une machine, mais une humaine augmentée. D’une certaine manière, elle est le double de Marcus Wright, ce délinquant converti en machine par Skynet dans T4.

Et l’actrice qui incarne Grace, Mackenzie Davis, réussit à choper le MVP de ce gigantesque manège tant sa prestation est stellaire, au dessus de tout. Elle rend hommage à elle seule à toute la saga, en un seul film, tout en regarnissant l’intégralité des épisodes précédents. Sa condition physique est évidemment supportée par la palette graphique, il n’empêche : l’intensité de son jeu à elle seule suffit pour vous encourager à voir et revoir ce mastodonte de 180 millions de dollars de budget.

Les choix smarts de la production ne s’arrêtent pas là. Gabriel Luna, privé de Ghost Riding, se venge avec délice avec ce nouveau modèle de Terminator, qui n’en est pas un tant il recycle avec élégance le T1000 et le T-X. Son potentiel est démoniaque, et en dépit de quelques plans retouchés un peu maladroits, l’ensemble est grandiose, et le propulse au rang de Robert Patrick. Pourvu qu’on le retrouve dans les épisodes à venir tant son jeu d’acteur dans ce contexte est pertinent, plein de subtilités, et redoutable.

Pour résumer, il n’y a pas une once de tôle froissée qui ne va pas vous remplir de joie. C’est un joli film de noël avant l’heure. Démonstration fait, Tim Miller est un des cinéastes avec lesquels il va falloir compter.

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